Sécu : "le parcours de soins n'a pas été amélioré par la réforme".

Le président de la Mutualité Française, Jean-Pierre Davant, estime que la réforme de l'Assurance Maladie "n'a pas amélioré" le parcours de soins et juge que la convention médicale a été un "recul" dans un entretien aux Echos à paraître aujourd'hui (mardi 6 juin).

A quelques jours du 38ème congrès de la Mutualité Française, qui se tiendra à Lyon du jeudi 8 au samedi 10 Juin, J-P. Davant porte un regard "nuancé" sur cette réforme votée en 2004.

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Cette loi comporte des "avancées indéniables pour améliorer la qualité des soins", mais "l'organisation du système en trois pôles - régimes d'assurance-maladie, organismes complémentaires et professionnels de santé - n'est toujours pas effective", regrette le président.

Surtout, "la convention médicale de Janvier 2005 est allée à l'encontre des objectifs initiaux" en "privilégiant la rémunération des médecins plutôt que l'organisation des soins autour du médecin traitant". "Il s'agit d'un recul, un retour aux mauvaises pratiques du passé."

Au final, "l'accès aux soins n'a pas été amélioré avec la réforme". En effet, les dépassements d'honoraires, multipliés dans la convention, "handicapent les moins favorisés qui subissent le plus la dérégularisation des tarifs".

Le président de la Mutualité juge en outre qu'il faut rester prudent face au ralentissement constaté des dépenses de santé. "La modération des volumes est compensée par les hausses de tarifs et les dépassements d'honoraires", souligne-t-il.

La Mutualité Française ne souhaite pas remettre en cause le médecin traitant qui est "une amorce de coordination des soins", ni "mettre en place un parcours balisé obligatoire pour obtenir des remboursements", explique-t-il.

Elle veut créer un "parcours de soins mutualiste" pour que ses 38 millions d'adhérents soient "guidés dans le système de soins vers des structures avec lesquelles elle aura passé des accords et qui devront respecter des normes de qualité".

"Nous allons commencer par organiser le parcours de santé pour les pathologies les plus lourdes, comme le cancer et les maladies cardio-vasculaires, et en matière de prévention, nous mettrons l'accent sur les addictions", indique J-P. Davant, assurant que les tarifs n'allaient pas augmenter, car "il serait incongru que la qualité coûte plus cher".